
Textes écrits par des participants des ateliers d’écriture des Centres d’animation Anatole France et Camille Claudel (DAJL, ville de Clermont-Ferrand)
La ville de Clermont, plusieurs fois détruite, a laissé sur des pierres enterrées, quelques portraits. Deux femmes, côte à côte, comme par les liens du sang attachées.
D’abord la plus jeune. D’une pâleur peu ordinaire, le regard ailleurs. Derrière le voile, de beaux yeux bleus qui regardent comme à travers un matin brumeux, cerclés de rouge, psychédéliques. Son teint laiteux et son absence de cheveux, son nez allongé et sa bouche toute ramassée. Les perles de son front et ce semblant de chapeau tout rond. Ses oreilles de rouge ornementées, comme les yeux et la bouche, pour les souligner. Cette femme est moderne et ses yeux ont saigné. Elle regarde avec insistance l’autre d’à côté, sa mère ou une femme apparentée.
Celle-ci aussi a un chapeau rigolo mais le manteau est ancien et le regard triste et lointain. La bouche avec comme des points de sutures sur les côtés. C’est une époque où les femmes ne pouvaient pas parler. Elle est bien habillée, le manteau est riche et le collier authentifié. Dessous, le col de la robe est rigidifié car à cette époque aussi, la tête des femmes pouvait se laisser aller. Elle essaie de sourire. Le temps est ancien mais elle sait que le mur va tomber. Les femmes sentent les choses à arriver.
Celle qui ne peut pas voir est fille de celle qui ne doit pas parler. Toutes deux ont vécu la folie des hommes. Elles dorment là, gravées sur la pierre, à jamais.
Christiane
J’avais prolongé jusque tard dans la nuit cette petite soirée chez des amis et avais préféré rentrer à pied afin de dégriser un peu.
Il faisait froid et sombre dans le passage que j’empruntais pour raccourcir mon trajet. Soudain, j’entends une voix murmurée derrière moi. Je me retourne et constate qu’il n’y a personne. Seul le réverbère reflète le bitume mouillé du boulevard que je viens de quitter et donne corps à la buée de ma respiration qui s’accélère. Personne.
Je fais quelques pas de plus et mes chaussures crissent sur le sol. Derrière moi, le murmure est plus long cette fois et je distingue quelques mots qui étreignent ma gorge.
Je m’arrête, le cœur battant.
Je suis prêt à prendre la fuite mais, dans la pénombre, devant moi, une forme bleue apparaît comme sortie de nulle part. Dans cet étroit passage, bloqué à chaque extrémité, je me sens pris au piège.
La voix prend plus d’ampleur. Ce sont bientôt des plaintes et des lamentations. « Comment pouvez-vous avancer chaque jour sans savoir ce qui vous attend ?… »
Je me retourne à nouveau. Une forme sombre glisse du mur, prend de l’épaisseur et se tient tout proche. Je vois sa silhouette se découper sur la lumière du réverbère. Je détaille chaque partie : elle porte un costume sombre, ses cheveux sont tressés dans une magnifique coiffe couverte de pierres précieuses : mais ce qui me frappe surtout c’est son visage sans regard.
Ses yeux sont vides, vitreux comme ceux d’un aveugle.
« Vous ne voyez rien de la vraie vie qui n’est que douleur et misère… »
Je recule, saisi par ce regard effrayant, espérant échapper à cette emprise maléfique et trébuche sur son double.
Je lève les yeux sur cette forme au scintillement bleuté, attendant plus terrible encore. Je fixe son visage et à cet instant toute peur m’abandonne.
Son regard est apaisant. Je me sens soudain calme et en paix avec moi-même. Je sens qu’elle est en moi, qu’elle habite mon esprit et qu’elle communique sans mots.
Elle me sourit toujours et je ne peux décrocher mes yeux de ce regard énigmatique. Elle s’approche et je peux presque la toucher.
Elle me tend un pendentif qu’elle décroche de son cou.
« Je suis l’alpha et l’oméga… »
Je ferme les yeux, pris d’un vertige où tout mon être semble se dissoudre. Je ne suis plus Un, je suis le Tout. La vie, la mort, le temps, plus de barrière, plus de limites.
Mon corps plane dans une vive lumière. Après quelques instants d’éternité, mon corps retrouve sa densité. Je rouvre les yeux. Je suis seul.
Le passage est de nouveau froid et sombre.
Je rentre chez moi, très éprouvé.
Après une nuit agitée où je repasse inlassablement les événements étranges de ma nuit, je retourne en ce lieu, essayant de revivre un peu de ces instants magiques.
À ma grande surprise, les bulldozers sont en train d’abattre les pans de murs de l’îlot insalubre. Apparaît encore par endroit deux portraits peints sur l’enduit écaillé.
Je reconnais tout de suite mes rencontres nocturnes.
Anne
On croise tout de même de drôles de gens dans la rue, de drôles de bobines. Quel besoin ont certaines femmes de se déguiser en clown à force de maquillage outrancier, de vêtements à l’aspect abracadabrant ?
Celle-ci semble jeune. Quand on est jeune on est toujours beau. Pourquoi s’enlaidir comme elle l’a fait ? Du rouge sous ses yeux !.. Et si c’était pour masquer le véritable rouge… celui des pleurs versés ?.. Quelle détresse éprouve cette jeune personne ? Quel chagrin abîme sa jeune peau ? Quelle misère affecte son cœur, brise son âme pour qu’elle ait décidé de changer ainsi son apparence ?
« Vous me trouvez un air loufoque ? Et ! bien, riez à ma vue ; riez donc tous, vous qui êtes heureux et laissez tranquille ma douleur derrière ce masque que vous trouvez ridicule. Ne me plaignez pas surtout, ne me demandez pas pourquoi. Riez, riez, riez tant que vous pouvez, gens dont la vie est remplie de joie. Pendant que vous rirez vous oublierez peut-être vos propres soucis ; car il n’est personne dont l’existence ne recèle un coin de grisaille. »
Et puis cette autre, un peu plus loin. Accoutrement bizarre, surtout le chapeau. Pas de maquillage, à part un peu les sourcils. Plus âgée que la précédente. Est-ce la vieillesse qui vient et qui l’effraie ? Est-ce la vieillesse dont elle ne veut pas ? Qu’elle repousse de toutes ses forces ? Est-ce la vieillesse proche qui lui fait adopter cette tenue hétéroclite ? Les jeunes s’affublent volontiers de façon bizarre et on n’y trouve rien à redire. « Alors pourquoi m’habillerais-je d’une manière classique, comme il sied aux vieilles gens ? Non non, je ne veux pas vieillir ; je veux rester libre de m’accoutrer n’importe comment. »
Combien de gens croisés dans la rue portent des masques ? Que cachent tous les maquillages ? Que dissimulent tous les déguisements ?
Michèle
Elle venait de s’installer dans la cité clermontoise. Originaire de la région parisienne, elle avait souhaité prendre l’air, voir du pays, elle qui avait passé les 26 années de son existence dans le 9-3.
Un poste d’enseignante au lycée Blaise Pascal, un F1 près de la place de Jaude, le tour était joué. Lui, elle l’avait rencontré dans les couloirs de la Fac de Lettres où elle se rendait quelquefois pour assister à des conférences.
Prof comme elle. 30 ans. Grand, cheveux blonds, bouclés. Pas mal. Timide, réservé. Elle avait pris les devants. Lui avait lancé « si on buvait un verre, un soir ? »
Lui : « pas de problème. Connais pas trop ici. Prépare l’agreg. Pas trop le temps de sortir. Tu connais un endroit ? »
Elle : « Place de Jaude, tu situes ? »
Oui. Il situait.
Elle : « Le bar de l’Escapade ? »
Non, il ne situait pas.
« Le cinéma Le Paris ? »
…
« Le Centre Jaude, ça te dit quelque chose ? »
Oui, ça lui disait.
Le mot FNAC lui faisait même apparaître quelque intérêt dans le regard.
Elle : « On peut dire vendredi, je ne sais pas… 19 heures ? »
Lui : « Non 19 heures trop tôt ».
Le futur agrégé préférait 20 heures, des copies à vérifier, des listes à taper.
Elle : « En face de l’entrée de la FNAC, un superbe tag, un sublime visage de femme. Très pâle avec des yeux d’un bleu translucide, ça te parle ? »
Non ça ne lui parlait pas.
« Impossible de rater ce visage étonnant, presque une photo »
Non, il ne ratera pas.
« 20 heures devant le tag de Keymi. Oui Keymi c’est le nom du tageur. »
Oui il saisit. Oui il trouvera. Oui il cherchera. Oui il y sera.
Ce vendredi soir, place de Jaude, elle a tout de suite remarqué que le pâté de maisons en face de l’entrée de la FNAC venait, ce jour-là, d’être démoli.
Le sublime visage de femme. Très pâle avec des yeux d’un bleu translucide, aussi.
Nancy
MOI Zabaoté, je suis reine, je règne sur un empire plus vaste que la terre. Vous êtes tous mes sujets, mes vassaux. Je fais de vous ce que je veux, vous devenez ce que j’ai décidé. Je suis la reine de ce monde mystérieux, de ce monde unique, le monde des morts vivants. Ces morts vivants au regard transparent, au visage blafard, qui rôdent autour de vous, vous frôlent, vous surveillent, vous envoient des ondes fastes ou néfastes, zombis lunaires de ce monde après la mort, qui pour certains ne trouveront jamais le repos. Panafée est de ceux là, voilà plus de cent cinquante ans qu’elle déambule inlassablement, livide, son regard bleuté sanguinaire, ne trouve pas de repos, son âme, son corps ne trouveront jamais le repos. Panafée avait vingt ans, Panafée était jeune et belle et Panafée a voulu être reine, reine à la place de Zabaoté. Ah Ah MOI Zabaoté reine de cet empire depuis des siècles, je suis immortelle, je suis intouchable, moi seule décide de mes sujets. Panafée l’intrigante ne trouvera jamais le repos de l’âme et du corps. Seule Zabaoté décide du repos de ces sujets.
ml
Sorties de l’au delà, deux dames circulent dans Clermont-Ferrand. Marthe, un chapeau sur la tête, emmitouflée dans une grande capeline verte aux grands bords relevés, au-dessus de ses oreilles, un pull over cachant son cou, un chapeau excentrique sur la tête attire l’attention des passants. Louise, figure allongée, teint blanc, rouge autour des yeux et sur les lèvres, regard fuyant de ses yeux bleus, une coiffe serrée sur la tête ornée de pièces d’or, marche à petits pas, rencontre Marthe.
Bonjour, tu as peur de la bise pour te protéger ainsi.
Bonjour, non Louise, je trouve agréable en cette saison fraîche, pluvieuse de porter cet ensemble. Et toi, que portes-tu à l’oreille avec ce cordon rouge ?
Pour attendre l’autobus, j’écoute des airs d’opéra.
Ne t’envole pas avec les notes… et ne rate pas le bus.
Je profite pour faire mes courses de fin d’année. Je viens d’acheter une collection de CD très intéressante que j’écouterai au coin du feu ! Tu fais des emplettes ?
Je viens de m’inscrire pour une thalassothérapie près de Perpignan : détente, excursion en Espagne.
Tu as de la chance d’être libre et faire ce que tu veux, tu me raconteras tout en revenant. En attendant mes enfants pour la fin de l’année, j’écouterai ma musique. Je voudrais peindre une marine grand format pour mon salon… Je ne sais pas si j’aurai le temps !
Moi je voyage beaucoup ; toi, tu te complais dans la peinture et la musique. En pensées, tu voyages et fais ce qu’il te plaît.
Voilà mon autobus. N’oublie pas d’envoyer des cartes postales et profite de la thalasso. Bon voyage.
Les deux dames s’embrassent, suivent leurs pensées, se jalousent peut-être un peu. Chacune admet que la vie est belle. Un peu excentriques, les deux dames continueront de circuler à Clermont-Ferrand…, sorties de l’au delà.
Pierre
Front auréolé, de petits soleils,
Front au cœur sanglé, extirpé.
Regard sans pupille,
Regard au dessous du cœur.
Teint blafard, blanchi,
Teint jauni, vieilli.
Lèvres en moue, fermée.
Lèvres au léger sourire, arqué.
Oreille, grande, décollée.
Oreilles collées au visage.
Cou caché, masqué.
Cou serré, de gazelle, étriqué.
Enveloppé, corps, noir sur blanc
Entouré vert, déjà guindé.
Fond habité, de monstre mort-né, emmuré
Fond peint, boisé gris et vert.
Du rouge en dessus, plus rien ne bouge.
Du vert, élan timide vers…
Du voilé, et du « un peu dit »
Du noir, du blanc, vampirisé : nocturne.
Du clair, légèrement allumé : diurne.
Françoise
De grandes affiches attirent mon regard : à la suite d’un concours, un défilé de mode est annoncé au 4ème étage du grand magasin. J’y vais. Un espace assez sombre est délimité par de légers filets roses ou bleus turquoise. De petites lumières suspendues éclairent faiblement le podium créant une ambiance mystérieuse. Intrigués, de nombreux curieux se sont arrêtés.
L’intensité de la musique diminue et le rideau s’ouvre. Une grande femme, au port de tête altier s’avance faisant virevolter sa longue cape verte aux reflets bleutés. Une immense capuche encadre son visage aux pommettes hautes. Son long cou est serré dans un col montant rebrodé qui rejoint de lourdes boucles d’oreilles scintillantes. Ce jeune mannequin a une démarche souple, pleine d’aisance qui lui permet d’arborer, avec le sourire, une coiffure plutôt étrange.
« Voyons comment se nomme cette réalisation : rêve des steppes. Oui je m’imagine bien blottie dans cette grande cape de velours sur un traîneau traversant la Russie… Mais j’enlèverai ce chapeau qui doit être d’inspiration caucasienne. Par contre, je broderai la capuche d’une douce fourrure blanche… »
Après un aller et retour dynamique, la silhouette disparaît, retenant dans ses mains les plis de son ample vêtement.
Aussitôt, le rideau s’ouvre sur un autre mannequin tout de noir vêtu. Plus ronde, tout en étant mince, son maquillage rouge tranche sur son visage blanc. Lorsqu’elle bouge le cliquetis des breloques de son turban se fait entendre. Jouant avec le mat et le brillant du tissu, sa tenue a un petit air oriental et apparaît plus facile à porter dans les rues de Clermont. Mais pourquoi a-t-elle un air si boudeur avec ce regard absent ? Elle ne doit pas aimer son travail pour afficher une telle mine… Mais moi il faut que je retourne au bureau sans attendre la suite du défilé. Dommage !
Geneviève
Ce sont deux ombres de la nuit. Elles n’ont rien de vivant. Elles ne croient plus que quelque chose puisse leur arriver.
Elles ont été créées exsangues et sont sorties du mur avec des couleurs déjà usées. La Grande Roue, les jeux de lumières sur le Sapin et les fontaines, la nuit venue, les promesses de la fête, l’excès de monde, tout cela les tourmente. Leur musique à elles, c’est quelque chose de lointain, quelques perles en cascades…
Elles sont moitié impératrices chinoises, moitié créatures gothiques, avec quelques promesses de mode Renaissance.
Sont-elles inspiratrices ou victimes ? Elles ont quelque chose de vénéneux et leur ami, le chanteur de rues, est le seul qui sache pardonner ce qu’elles ont de vénal… Il les habillera de couplets flamboyants pour célébrer leur décadence endeuillée et ambiguë.
La Dame à la Cape Bleue, sur fond de ciment promis à la destruction, représente les morceaux de vie, d’espoir ou de rêve, arrachés aux appartements éventrés.
Et la Dame aux Sequins ? Que vient-elle de voir pour en avoir les yeux vitreux ? … Sa bouche navrée accompagne son regard, sans un mot. Ses oreilles sont aussi grandes que les anneaux sont petits. C’est une haute dame du Moyen-Âge capturée pour quelque harem. La nuit n’est pas assez noire pour elle…
Bernadette
Je te regarde, tu me regardes. Je suis l’énigmatique Lali. Tu aurais dû me voir, là sur ton mur, dans ta ville. As-tu levé les yeux sur moi ou bien suis-je passée inaperçue pendant tout ce temps où j’étais placardée sur cette façade ?
C’est ça, tu ne m’as pas vue. Tu as l’habitude de passer pressée. Tu courais vers quoi, au lieu de mettre un peu le nez en l’air et le flâner ? Regarde-moi à présent, tu en as tout le loisir.
Est-ce que je te fais rêver ? Comment imagines-tu que je suis arrivée, là sur cette peinture.
Raconte-moi telle que tu m’imagines.
Bon, Tu me poses une colle. C’est vrai, je n’ai pas pris le temps de lever les yeux et de te voir, mais je suis contente à présent de te rencontrer.
Ça me plaît bien, énigmatique Lali. Tu as un air oriental et je suis fascinée par les magies de l’Orient. Un peu indienne, un peu asiatique, tout ce que je ne suis pas. Tu as dans les yeux du rêve. Alors, est-ce parce que tu as une vie rêvée ou bien parce que tu rêves ta vie ? Tu pourrais aussi bien, coiffée de la sorte, être une danseuse à la cour d’un prince qu’une religieuse en costume de cérémonie. Tes lèvres sont peintes, tes sourcils épilés. Es-tu parée pour la danse ? On dirait que là avec tes yeux dans le flou, tu refuses mon regard.
Laisse-moi essayer de te raconter.
Je dirai donc que tu es orientale, un mélange d’un peu tous les pays qui me font rêver, dont je vois les images au cinéma ou à la télévision, dont j’ai entendu parler dans ces romans qui vous font découvrir des terres inconnues.
Tu as grandi dans la rue, une rue multicolore, odorante de mille parfums d’épices et d’encens.
Dans ta rue il y avait toujours un musicien et une danseuse pour te faire évader du quotidien. Tu restais là plantée des heures à regarder, écouter, vibrer avec la musique. Cela te faisait oublier la faim qui te tenaillait le ventre quoiqu’il y avait toujours un camelot pour te donner, petite mendiante, un fruit ou un beignet.
Et puis d’entendre comme ça la musique, un jour tu t’es mise toi aussi, comme la danseuse, à te balancer dans le rythme envoûtant.
Tu as grandi ainsi dans cette grande faille de la rue. Dans cette rue il y a des hommes qui passent parfois. Des hommes élégants aux mains parées d’or.
L’un d’eux t’as vue. C’est ainsi que pour avoir un toit et un couvert, tu t’es mise à danser pour lui. Mais tu es belle. Il t’a habillée de vêtements noirs et soyeux, il a couvert ton front de pastilles d’or.
Et c’est ainsi que tu deviens célèbre quand ce peintre demande à faire ton portrait.
Et moi je suis heureuse de te connaître et d’avoir fait ce petit bout de chemin de rêve avec toi. Merci Lali.
Yvette